Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/151

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le jeune homme est… à vrai dire, je ne sais pas trop bien ce qu’il est, je ne le connais pas assez pour le juger… et c’est à vous, mon ami, que j’ai remis un soin si important.


Erman.

Et… mademoiselle Amélie !…


Le Baron.

Ma fille, vous le savez, n’a de volonté que la mienne : ce qui me plaît, ce qui me plaira a déterminé jusqu’à présent sa façon de penser ;… et c’est parce qu’il me plaît qu’elle soit heureuse, que je ne veux rien décider sur un objet aussi important, avant que de l’avoir soumis à vos lumières… L’expérience… mon bon ami, ne m’a que trop appris, combien une union qui n’a pour base que l’ambition et la fortune entraîne de malheurs après soi. Si dans le jeune homme dont il s’agit, l’esprit se trouve organisé de façon à se faire honneur dans le monde… si son cœur est bien placé… je vous avoue que je verrais avec plaisir ma fille établie d’une façon aussi avantageuse.


Erman.

L’esprit et le cœur, dites-vous, mon colonel… et vous soumettez ces articles à mon examen… Cette tâche me paraît bien pénible et bien difficile.


Le Baron.

Voilà pourquoi, mon ami, j’ai jeté les yeux sur vous ; vous êtes le seul capable de la remplir. C’est à vous à décider si dans le cœur du jeune comte il ne se trouve rien qui puisse nuire au