Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/168

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ne pas vous rencontrer ; vous négliger peu-à-peu ; et enfin vous abandonner tout-à-fait ; ou si par hasard, ils daignaient encore, de temps en temps, se souvenir de vous, ce ne serait que pour vous accabler de leurs malins propos, et de leurs railleries insultantes : ils iront plus loin encore ;… leurs enfans… ils leur défendront de communiquer avec les vôtres, si vous venez à en avoir ; et tandis que vous riez…


Amélie.

Oui, je ris de voir, combien vous vous donnez de peine pour me faire goûter des raisons, dont vous sentez vous-même, je m’assure, toute la puérilité.


Erman.

Mais enfin ?…


Amélie.

Mais enfin, mon ami ! si vous voulez me persuader, commencez donc par détruire votre ouvrage : changez donc ce cœur, que vous seul avez rendu sensible : changez donc mon esprit, que vous avez si bien instruit. Effacez-en l’impression que vos vertus y ont gravée si profondément : si vous vouliez m’empêcher d’aimer, fallait-il me forcer à l’estime ? Mais je vois ce que c’est : vous craignez de n’être pas si heureux avec moi, que je suis sûre de l’être avec vous ; et encore vous vous trompez ; ne pensant, n’agissant que d’après les excellens principes que j’ai reçus de vous, croyez-vous que je ne puisse faire votre bonheur ?