Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/187

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Frédéric.

Ainsi donc, Monsieur, dans la supposition que l’âme se trouvât calme et tranquille, la conscience exempte de reproche… vous admettriez le doute du crime ?


Erman

À moins que le cœur ne fut entièrement corrompu…


Frédéric, vivement.

Ah, monsieur ! vous me rendez la vie par cette assurance : vous faites luire sur mes derniers instans, peut-être, un rayon de bonheur : non, mon cœur ne fut jamais complice d’un forfait : il est simple, il est pur : une mère tendre y a fait germer la vertu, en a soigneusement écarté le vice ; et je ne changerais pas ce cœur contre celui du mortel le plus vertueux.


Erman

Ne vous aveuglez pas cependant, mon ami : l’amour-propre est, dans la position où vous vous trouvez, un ennemi bien dangereux : c’est lui qui par ses artifices vous abuse et vous trompe peut-être, en vous fascinant les yeux sur le véritable état de cette même conscience que vous supposez calme, parce qu’elle en distrait et en étouffe les mouvemens.


Frédéric.

Non, monsieur, je ne me laisse jamais éblouir par ces vaines séductions ; mon âme simple, des mœurs pures, un sentiment naturel du bien, voilà ce qui