Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/186

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Quel sentiment tout-à-fait étranger sa vue a excité dans mon âme, et en a remué toute la sensibilité ! Ah ! n’était-ce qu’au moment de quitter la vie, qu’il m’était réservé d’en connaître les douceurs ! Et ce jeune homme, que j’ai apperçu un instant, qui m’a paru insolent et hautain… il serait mon frère, et jouirait de tous les droits, de tous les privilèges d’un fils ; et moi ! né du même sang, je périrais dans la honte et l’ignominie ! Ô sort ! ô destinée ! (il se remet à rêver.)




Scène IV.


FRÉDÉRIC, M. ERMAN.




Erman.

Mon ami, je viens remplir vis-à-vis de vous un devoir attaché à ma charge, bien triste, mais bien essentiel : je viens vous voir et vous consoler.


Frédéric.

Ah ! Monsieur, votre visite est pour moi un présent du ciel. À votre habillement, je juge que vous êtes un ecclésiastique… c’est-à-dire, un messager de Dieu, chargé de sa part de porter dans l’âme des infortunés, des consolations propres à soulager leurs maux.


Erman.

C’est effectivement là mon emploi : nous sommes des ministres de paix : notre langage doit être celui de la paix ; jamais celui du reproche : sûr, que le cœur du coupable est toujours dans ce malheureux cas, son juge le plus éclairé.