Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/19

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noncer, et le fit attendre dans une pièce, où il lui dit que M. de Kotzebue allait se rendre dans un moment.

Kotzebue était entouré de sa famille et d’une nombreuse société. On assure que tenant son fils, âgé de deux mois, il disait avec une grande émotion, en se tournant vers les dames présentes : j’avais exactement l’âge de cet enfant quand mon père mourut !

Sand employa l’intervalle qu’on lui laissa à se préparer à frapper sa victime ; car aussitôt que Kotzebue entra dans l’appartement, il se sentit poignarder avec une telle force, que l’arme pénétra la quatrième côte à gauche, et fit une blessure mortelle au cœur. Tous les deux tombèrent ; mais Sand se releva, et lui fit trois autres blessures. Les cris de Kotzebue attirèrent un domestique qui le trouva baigné dans son sang, tandis que le meurtrier, à genoux à côté de lui, tenait le poignard d’une main, et contemplait froidement sa victime. Bientôt les femmes, effrayées, se précipitent dans la chambre, où elles trouvent cet horrible spectacle. Kotzebue avait déjà perdu beaucoup de sang et rendait le dernier soupir. Sand tenait son arme ensanglantée, et, sans prendre garde à ce qui se passait autour de lui, il contemplait avec assurance le corps de Kotzebue.

Aussitôt que la foule entra dans l’appartement, il se leva et descendit rapidement, en s’écriant d’une voix haute : le traître a tombé ! La rue était