Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/21

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de la cause de cet événement, à l’exception du commencement d’une lettre ainsi conçue : Je pars pour trouver ma destinée : l’échafaud ! Il n’y avait pas la moindre trace de complicité dans ses papiers. Les poëmes de Korner étaient posés sur son secrétaire, et paraissaient être le dernier livre que Sand avait lu avant son départ.

Dans l’hôpital, toutes les attentions étaient prodiguées à l’état de Sand ; des ordres étaient donnés par la plus haute autorité de Carlsruhe, de n’épargner aucun des moyens que la faculté de médecine pouvait avoir, pour lui conserver la vie, dans l’espérance que son rétablissement le mènerait à quelques confessions importantes. Étant un peu revenu à lui, après des espèces d’attaques de nerfs, occasionnées par la perte excessive de son sang, le premier effort de Sand fut de déchirer les enveloppes qui serraient ses blessures, ses gardes ne pouvaient venir à bout de l’en empêcher, et l’on fut obligé de lui ôter l’usage de ses mains.

Après l’examen des blessures de Sand, on vit que le poignard n’avait pas attaqué le cœur ; mais les poumons étaient dans un état qui laissait peu d’espérance pour le sauver ; on entrevit cependant la possibilité de prolonger un peu son existence, et de lui faire recouvrer assez de force pour lui permettre de répondre aux questions des magistrats. En effet, Sand a retrouvé l’usage de la voix, mais il ne s’en est servi que pour dire quelques prières ; on a remarqué qu’il endurait