Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/236

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ses plaisirs ; tu auras soin de pourvoir à tout ce que tu croiras propre à y satisfaire. Tu fus assez heureux pour passer ta vie avec elle ; tu auras étudié ses penchans, ses désirs : eh bien ! tu les préviendras tous les jours ; tu la verras, tu jouiras de sa présence. Hélas ! il fut un temps, où, moins coupable, j’eusse pu prétendre à être admis auprès d’elle, en tiers avec mon fils ; où je n’eusse point été indigne de jouir de sa société. C’est un bonheur que je me suis ravi ; il n’y faut plus prétendre ; mes injustices passées m’ont ôté tout droit à son cœur : je sens combien ma présence augmenterait l’horreur qu’elle a pour moi. Trop heureux, si elle veut bien encore recevoir de ma main des bienfaits, comme une légère compensation des maux qu’elle a soufferts !


Frédéric.

Et… sous quel titre, sous quel nom, ma mère jouira-t-elle de tous ces brillans avantages ?


Le Baron

Mais ! sous celui qu’elle voudra choisir… celui…


Frédéric.

Mon père ! Vous ne m’entendez pas, ou feignez de ne pas m’entendre. Il faut, au moment où il vous est essentiel de connaître mon cœur, le connaître tel qu’il est. Il fut formé par les soins de ma mère ; et en le formant d’après ses principes, elle y fit régner la franchise, et en écarta soigneusement la flatterie et la dissimulation… Le seul présent qu’elle fut en état de me faire, fut celui