Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/235

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anticipe sur ce moment, et elle s’enflamme à l’idée, que bientôt tu vas augmenter le nombre des héros, dont les noms seront recueillis dans les annales de la postérité.


Frédéric.

Mon père ! Qu’il m’est doux de pouvoir prononcer ce nom ! Que ne vous dois-je pas ! Vos bontés me confondent. Je ne puis suffire au sentiment de ma reconnaissance, ni exprimer ce que je sens ; mais… vous ne me parlez point de ma mère !


Le Baron.

Ah ! mon ami, douterais-tu de mon cœur à cet égard ? Douterais-tu que, sensible à la gloire, je le fusse moins à la justice ? Je la lui dois, et je la lui rendrai. J’ai de grands torts à réparer, je le sens ; leur poids pèse si violemment sur mon cœur, même dans ce moment si doux, qu’il en est accablé. Le calme que m’a rendu ta présence en est altéré… Je voudrais… oui, je voudrais pouvoir… Mais, tranquilise-toi… repose-t-en sur moi… tout ira bien… Wilhelmine sera enfin heureuse… nous le serons tous.


Frédéric.

Heureuse ! et comment ? De quelle façon ?


Le Baron.

D’abord, je la mets en possession de ma terre de Williamsdorf, qui est à trois lieues d’ici : je l’y établis dame et maîtresse : elle en prendra même le nom, si elle le désire ; tu connais ses goûts,