Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/238

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de nous ! (à M. Erman qui entre) Venez, mon ami, venez me raccommoder avec moi-même : j’ai besoin de vos conseils. Vous l’avez vue ?


Erman.

Oui, monsieur le baron : je l’ai vue.


Le Baron.

Et comment vous a-t-elle reçu ? A-t-elle daigné s’informer de moi ? Enfin, mon ami, vous qui lisez si bien dans mon cœur, avez-vous pu pénétrer dans le sien ? Croyez-vous qu’elle veuille recevoir avec quelque bonté les dons que je veux lui faire ? Voudra-t-elle être heureuse et tenir de moi son bonheur, ce bonheur qui sera désormais l’objet de mes soins les plus empressés ? Je travaillerai sans relâche… Oui, mon ami, le sort de WiLhelmine est assuré. Plus de malheur, plus d’infortune : je ferai tout pour elle… hormis…


Erman.

Hormis ?…


Le Baron.

Mon ami, vous sentez bien vous-même ce que malheureusement il faut que j’excepte, ce que je dois aux considérations d’une ancienne noblesse, au rang que j’occupe dans le monde, à la pureté du sang, qui, d’aïeux en aïeux, coule dans mes veines, ce que je dois à la mémoire de mes ancêtres, à moi-même enfin. Oui, quelque douloureux que soit pour moi un pareil sacrifice, dans ce moment surtout, où je parais toucher au bonheur, il faut m’y résoudre. Un préjugé injuste, je l’avoue,