Page:Kropotkine - Aux jeunes gens, 1904.djvu/21

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III


— Ou bien, transiger continuellement avec sa conscience et finir un beau jour par se dire : « Périsse l’humanité, pourvu que je puisse avoir toutes les jouissances et en profiter tant que le peuple sera assez bête pour me laisser faire. » — Ou bien, se ranger avec les socialistes et travailler avec eux à la transformation complète de la société. Telle est la conséquence forcée de l’analyse que nous avons faite. Telle sera toujours la conclusion logique, à laquelle devra forcément arriver tout être intelligent, pourvu qu’il raisonne honnêtement sur ce qui se passe autour de lui, pour peu qu’il sache avoir raison des sophismes que lui soufflent à l’oreille son éducation bourgeoise et l’opinion intéressée de ceux qui l’entourent.

Cette conclusion une fois acquise, la question : « Que faire ? » est venue naturellement se poser.

La réponse est facile.

Sortez seulement de ce milieu dans lequel vous êtes placé et où il est d’usage de dire que le peuple n’est qu’un tas de brutes, venez vers ce peuple — et la réponse surgira d’elle-même.

Vous verrez que partout, en France comme en Allemagne, en Italie comme aux États-Unis, partout où il y a des privilégiés et des opprimés, il s’opère au sein de la classe ouvrière un travail gigantesque, dont le but est de briser à jamais les servitudes imposées par la féodalité capitaliste, et de jeter les fondements d’une société établie sur les bases de la justice et de l’égalité. Il