Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/209

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payaient, comme faisait la gens aux époques précédentes. Mais quand un frère avait manqué à sa foi envers ses frères de la guilde, ou envers d’autres, il était exclu de la fraternité « avec le renom d’un rien du tout (tha scal han maeles af brödrescap met nidings nafn)[1].

Telles étaient les idées dominantes de ces fraternités qui peu à peu s’étendirent à toute la vie du moyen âge. En effet, nous connaissons des guildes parmi toutes les professions possibles ; guildes de serfs[2], guildes d’hommes libres et guildes mixtes de serfs et d’hommes libres ; guildes fondées pour un but spécial tel que la chasse, la pêche, une entreprise commerciale, dissoutes quand ce but déterminé était atteint ; et guildes durant des siècles pour certaines professions ou certains métiers. En même temps que les activités prenaient des formes diverses, le nombre des diverses guildes croissait. Ainsi nous ne voyons pas seulement des marchands, des artisans, des chasseurs, des paysans unis par ces liens ; nous voyons aussi des guildes de prêtres, de peintres, de maîtres d’écoles primaires et de maîtres d’Universités, des guildes pour jouer la Passion, pour bâtir une église, pour développer le « mystère » de telle école, de tel art ou de tel métier, ou pour une récréation spéciale — des guildes même parmi les mendiants, les bourreaux et les femmes perdues, toutes organisées sur le double principe de l’auto-juridiction et de l’appui mutuel[3]. Pour la Russie, nous avons la

  1. Kofod Ancher. Ce vieux petit livre contient beaucoup de renseignements qui ont été perdus de vue par des chercheurs plus récents.
  2. Elles jouaient un rôle important dans les révoltes de serfs et furent, à cause de cela, prohibées plusieurs fois de suite dans la seconde moitié du IXe siècle. Naturellement, les interdictions du roi restaient lettre morte.
  3. Les peintres italiens du moyen-âge étaient aussi organisés en