Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/218

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gemach armer und reicher[1] ). L’achat des vivres et des autres objets de première nécessité (charbon, bois, etc.), avant qu’ils aient passé par le marché, ou dans des conditions particulièrement favorables dont les autres eussent été exclus, — en un mot la preemptio — était complètement prohibé. Tout devait passer par le marché et y être offert à l’achat de tous, jusqu’à ce que la cloche eût fermé le marché. Alors seulement le détaillant pouvait acheter ce qui restait, et même alors son profit devait être un « honnête gain » seulement[2]. De plus, quand le blé était acheté en gros par un boulanger après la fermeture du marché, chaque citoyen avait le droit de réclamer une part du blé (environ un demi-quarteron) pour son propre usage, au prix du gros, à condition de le réclamer avant la conclusion finale du marché, et réciproquement chaque boulanger pouvait réclamer le même droit si un citoyen achetait du blé pour le revendre. Dans le premier cas le blé n’avait qu’à être apporté au moulin de la ville pour être moulu à son tour à un prix convenu, et le pain pouvait être cuit au four banal, ou four communal[3]. Bref, si une disette frappait la cité,

  1. W. Gramich, Verfassungs und Verwaltungsgeschichte der Stadt Wärzburg im 13. bis zum 15. Jahrhundert, Würzburg, 1882, p. 34.
  2. Quand un bateau apportait une cargaison de charbon à Würzburg, le charbon ne pouvait être vendu qu’au détail pendant les huit premiers jours, chaque famille n’ayant pas droit à plus de cinquante paniers. Le reste de la cargaison pouvait être vendu en gros, mais le marchand au détail ne pouvait prélever qu’un profit honnête (zittlicher), le profit déshonnête (unzittlicher) étant strictement défendu (Gramich, loc. cit.). Il en était de même à Londres (Liber albus, cité par Ochenkowski, p. 161) et, de fait, partout.
  3. Voir Fagniez, Études sur l’industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et XIVe siècle, Paris, 1877, p. 155 et suiv. Il est à peine nécessaire d’ajouter que la taxe sur le pain, ainsi que sur la bière, ne s’établissait qu’après des expériences soigneuses tou-