Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/353

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ment le sommet de l’île et je le crus couvert de plusieurs pieds de neige ; il semblait y en avoir sur chaque saillie, sur chaque bosse des récifs. » Mais ce n’était pas de la neige : c’étaient des fous tous posés tranquillement sur leurs œufs ou sur leur couvée nouvellement éclose - leurs têtes toutes tournées au vent, se touchant presque les unes les autres, et en lignes régulières. L’air, sur une centaine de mètres, à quelque distance autour du rocher « était plein de fous volants, comme si une grosse tourmente de neige était au-dessus de nous. Des mouettes kittawacke et des guillemots vivaient sur le même rocher ». (Journals, vol. I, pp. 360-363).

En vue de l’île d’Anticosti, la mer « était littéralement couverte de guillemots et de pingouins communs (Alca torva). Plus loin l’air était rempli de canards veloutés. Sur les rochers du Golfe des goélands argentés, des sternes (la grande espèce, l’espèce arctique et probablement aussi l’espèce de Foster), des Tringa pusilla, des mouettes, des pingouins, des macreuses noires, des oies sauvages (Anser canadensis), des harles huppés, des cormorans, etc., vivaient tous ensemble. Les mouettes étaient extrêmement abondantes ; « elles harcèlent sans cesse tous les autres oiseaux, dévorant leur œufs et leurs petits », « elles jouent le rôle des aigles et des faucons. »

Sur le Missouri, au-dessus de Saint-Louis, Audubon vit, en 1843, des vautours et des aigles ayant fait leurs nids en colonies. Ainsi il mentionne « une longue suite de côtes élevées, surplombées d’énormes rochers calcaires, percés de quantités de trous curieux, où nous vîmes vers le crépuscule entrer des vautours et des aigles » — à savoir des Cathartes aura et des pygargues à têtes blanches (Haliaëtus leucocephalus), ainsi que le remarque E. Couës dans une note (Vol I., p. 458).

Un des lieux les plus propices aux couvées sur les côtes anglaises se trouve dans les îles Farne. L’ouvrage de Charles Dixon, Among the Birds in Northen Shires donne une description animée de ces terrains, où des milliers de goélands, de sternes, d’eiders, de cormorans, de pluviers à collier, d’huîtriers, de guillemots, de macareux se réu-