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L’ÉCHO DES JEUNES



Car tu sais tour à tour, tendre et naïve enfant,
Cacher ton petit cœur qui d’aimer se défend
Puis, soudain, pâle courtisane,
Fouetter d’un brusque appel mon désir qui s’endort
Au gré de mon plaisir devenant sans effort
Vierge chaste ou fauve sultane.

Tantôt, je vois encore dame Agnès sur sa tour
De son page fidèle attendant le retour,
Tantôt une mignonne aïeule
Pour quelque gros méfait grondant son petit-fils.
Suzanne, Phryné, Ruth, Madeleine, Laïs,
J’ai vingt femmes en une seule !

De tes baisers ardents nuit et jour altéré,
À ton culte divin je me suis consacré
Et je veux, au moment suprême,
Quand mon corps tremblera des affres du tombeau
De ma vie, un instant, ranimer le flambeau
Pour te dire encore : Je t’aime !…


Auguste Génin.