Page:L'Art Social, No 3, Septembre 1896.djvu/23

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Alors Durdonc, croyant qu’elle se soumettrait vaincue par l’inéluctable, déclara :

— Je ne puis te rendre la Jeannette ; je l’ai disséquée pour voir comment une machine née naturellement…

Il n’acheva pas. La Jeanne s’était élancée sur lui, l’avait écrasé. Un instant, elle roula sur place, broyant l’horrible boue qui fut Durdonc. Puis elle s’écria :

— J’ai tué Dieu !

Et elle éclata de stupeur orgueilleuse et douloureuse.

Les machines effrayées, tremblant devant l’inconnu qui suivrait leur victoire – inconnu que l’une d’elles désigna de ce mot terrifiant : anarchie – se soumirent de nouveau aux hommes, moyennant je ne sais plus quelle apparente satisfaction, qu’on leur retira sournoisement quelque temps après.

Malgré le malheur de Durdonc, plusieurs Ingénieurs ont cherché le moyen de faire enfanter les machines. Aucun, jusqu’ici, n’a retrouvé la solution de ce grand problème.

J’ai conté fidèlement tout ce que l’histoire nous apprend d’à peu près certain sur la plus terrible et la plus générale révolte de machines dont elle ait conservé le souvenir.