Page:L'Humanité nouvelle, année 2, tome 1, volume 2.djvu/606

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nuisibles, en accordant par un ukase une prime de 10 roubles (30 francs) à quiconque apporterait au magistrat local la queue d’un loup. Cette plaie de loups en Russie est considérée comme une punition de Saint-Georges. La légende la plus répandue en Russie sur les exploits de ce saint est la suivante :

« Un jour, deux bergers étaient en train de faire paître leurs troupeaux, et l’un deux ayant très soif quitta son camarade pour se mettre à la recherche d’un ruisseau. Chemin faisant, il remarqua un arbre autour duquel l’herbe semblait avoir été récemment foulée. Il s’approcha, et, poussé par la curiosité, il grimpa sur l’arbre pour observer ce qui se passerait autour de lui. Tout à coup il aperçut Saint-Georges dans une calèche escortée par une meute de loups. Georges semblait donner des ordres à chacun d’eux et tous partirent dans différentes directions. Seul un vieux loup boiteux resta près de lui. Au bout de quelques instants Saint-Georges lui commanda de s’approcher de l’arbre et de dévorer l’infortuné berger qui périt ainsi victime du caprice cruel de ce Saint redouté ».

À son tour Saint-Pierre devient le patron des pêcheurs et c’est à lui seul qu’ils attribuent le succès ou l’insuccès de leurs entreprises. Bref, l’imagination du peuple russe s’est ingéniée à trouver un protecteur contre chacun de ses maux.

Il est curieux de noter que la Russie est le seul pays au monde où dans la campagne on ne ferme jamais les portes des habitations. Chez ces pauvres paysans le vol est chose à peu près inconnue, et quand par exception il s’en commet un, il a toujours pour auteur un individu étranger à la commune, appartenant la plupart du temps à la tribu des Tziganes, espèces de bohémiens qui rôdent à travers la campagne en faisant de la musique et en mendiant. Comme en pareils cas la police est toujours impuissante, — quand elle n’est pas complice, — les moujicks ont inventé un saint courageux, Ivan le Militaire, dont la fonction consiste à châtier les voleurs.

Dès les temps les plus reculés les peuples ont attribué à leurs Divinités de bonnes et de mauvaises qualités. Au ciel comme sur la terre, des fêtes leur étaient consacrées et souvent elles dégénéraient en orgies. La mythologie nous apprend qu’Appollon amusait les Dieux par ses chants en s’accompagnant sur la lyre et la Muse Terpsychore étalait toute sa beauté en dansant. Les Grecs dans leur génie artistique ont créé des demi-dieux, des nymphes, etc. Le peuple slave avait un culte de prédilection pour l’eau. Il adorait les fleuves Bougue, Dnieper, Dounaï, Divina, etc., et il était convaincu que l’eau