Page:L'Humanité nouvelle, année 2, tome 1, volume 2.djvu/607

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était souveraine pour la guérison des maladies des yeux, à la condition qu’avant de se laver le patient eût jeté un objet en argent dans l’eau. Les Slaves croyaient aussi à l’existence de nymphes qui vivaient dans l’eau où habitaient les forêts. D’après les anciens chroniqueurs, ils adressaient des prières aux arbres dont le plus vénéré était le chêne[1]. L’esprit grossier des Slaves primitifs avait imaginé des Dieux à plusieurs têtes dont quelques-unes étaient tellement énormes que pour les déplacer il fallait employer un attelage de deux bœufs[2].

Le peuple avait aussi la croyance que les fleurs et les arbres parfumés avaient la propriété d’expulser les petits diables et qu’en présence de ces plantes les nymphes perdaient leur pouvoir de martyriser les hommes. L’imagination des Slaves représentait ces nymphes comme les plus belles filles du monde ayant une superbe chevelure blonde qui retombait en désordre sur leurs épaules blanches comme la neige et sur leurs seins rebondis. La plupart des peuples ont cru à ces nymphes en leur donnant des noms différents ; les Grecs et les Latins les nommaient Naïades et Amadrïades, les Gaulois, les femmes du Fleuve Salla, les Germains, les filles du Dounaï, les Anglais, les filles du Lac, les Français, les Ondines et enfin, les Slaves, les Roussalki.

L’imagination du peuple Serbe a créé les nymphes des montagnes et des forêts, belles filles innocentes que l’on appelait Vilas. Ces nymphes qui descendent des nuages ne consentent — d’après la tradition, — à danser le kolo qu’avec les chevaliers dont elles admettent la visite. Si par malheur d’autres mortels commettaient l’imprudence de s’approcher d’elles, ils tombaient aussitôt en proie à d’affreux chatouillements qui amenaient la mort. S’il faut en croire certains documents, cette croyance aux nymphes se serait maintenue en Europe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi le baron Volvasor assure avoir vu une nymphe voler un enfant pour le faire disparaître dans l’eau avec elle.[3] D’autre part, le docteur Tourell et le professeur Monro affirment avoir vu à deux reprises dans le nord de l’Écosse une nymphe nue occupée à tresser ses cheveux[4].

Le peuple russe croit à la vie future. Selon lui, après la mort les gens vicieux et les riches doivent aller en enfer, tandis qu’à

  1. Adentinus. Annal Boior Liv. III. Dœder bein, Hey deuthum dur Alton Nordganer, p. 18.
  2. III. Ueber die Altest der Obotriten, pp. 298, 299, gebhardt.
  3. Mytholog der Alt Deuts chen and Slaven, p. 2.
  4. Messager d’Europe, 1809, p. 21, (revue russe).