Page:L'Humanité nouvelle, année 2, tome 2, volume 3.djvu/322

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Et tu chantais au bord de la mer
Comme une folle.

Où sont tes barques ? Où sont tes fils ?
Demande-le au Ponant, à la vague farouche :
Tu as tout perdu, tu n’as plus personne.
Espagne, Espagne, reviens à toi.
Pleure, pleure un pleur de mère.

Sauve-toi, oh ! sauve-toi de tant de maux ;
Que les larmes te rendent féconde, joyeuse, vivante ;
Pense à la vie qui règne autour de toi :
Lève le front,
Souris aux sept couleurs qui brillent dans les nuages.

Où es-tu, Espagne ? Je ne te vois nulle part.
N’entends-tu pas ma voix qui tonne ?
N’entends-tu pas cette voix qui te parle dans le péril ?
As-tu désappris à entendre tes fils ?
Adieu, Espagne !


JOAN MARAGALL


6 Juillet 1898.


Traduit du Catalan par A. Savine.