Page:L'envers de la Guerre - Tome 1 - 1914-1916.djvu/270

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elle ne peut pas atteindre les hommes, s’en prend à la nature. » Ah ! le voilà, le terrible alcool !

— Le 6. Humbert parle au Sénat, troisième séance du Comité secret.

— Mon fils achète des brodequins militaires chez Manfield. La petite vendeuse nous dit : « Ah ! Quand donc n’en vendrons-nous plus autrement que comme brodequins de chasse. » Nous n’avions échangé aucun propos qui décelât nos opinions. Elle pense donc pouvoir dire à un client quelconque, sans qu’il s’en indigne, sa hâte de la fin. Cela est nouveau à la ville.

— Poincaré est haï au front pour sa froideur aigre, sa maladresse orgueilleuse, son incapacité de dire aux soldats un mot du cœur. Il est vrai que ses essais ne sont point heureux. Dans un hôpital, à un amputé des deux jambes, il demande : « Quelle est votre profession ? — Cultivateur. — Ah ! Cela va vous gêner dans votre métier. »

— Sur 192 anciens élèves de l’École Normale pris comme sous-lieutenants d’infanterie, il y a 110 tués.

— Je vois un coquebin de la « préparation militaire », bonnet de police, fusil, baïonnette, tout raide de vanité, fesses tendues, si certain de son héroïsme et de l’attention universelle, si glorieux d’éblouir. Et j’ai la sensation aiguë qu’en fouillant dans son petit cerveau, on y trouverait, grelottant comme une amande sèche, toute la pensée de guerre, toute la mentalité qui nous a valu cette chose immonde.

— Ma mère recevait en visite une cousine de Mme Poincaré, qui lui donna les noms des parents de cette dame. Ma mère les inscrivit dans un livre où je les retrouve :

Mère : Mosboer, Munichoise.

Père : Bérucci, Italien.