Page:L'envers de la Guerre - Tome 1 - 1914-1916.djvu/280

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coupant, tendant, cravachant, désinvolte, héroïque. On décrète la victoire absolue à soi tout seul. On n’a besoin de personne !

— Brizon publie des vers contre les prêtres : Les Embusqués du Paradis. La censure en coupe quatre. Alors Brizon annonce que la pièce est prise dans Les Châtiments.

— De Tristan Bernard. Il prétend que les va-t-en-guerre ont changé la Marseillaise. Au lieu de chanter « Allons, enfants de la Patrie », ils disent : « Allez, enfants… »

Il assure que les militaires ont l’horreur maladive des cheveux longs. D’où trois anecdotes.

Un chef fait une observation à un homme sur sa façon de conduire un mulet. L’homme explique discrètement qu’il est charretier de son état. Le chef, vexé, enlève le képi du soldat et dit : « Il a les cheveux trop longs. Il faudra le punir. »

Un autre visite un entonnoir que les troupes viennent d’occuper et dit : « C’est dommage qu’il y ait un homme qui a les cheveux trop longs. »

Un autre encore visite une ambulance de première ligne et, devant un amputé des deux jambes, dit : « Il faudra aussi lui couper les cheveux. »

— Joffre est toujours content et plein de confiance. Cet homme aurait permis de sonder et d’entrevoir les inépuisables ressources de l’espoir dans la créature : Il prédit, se trompe, reprédit, se retrompe, comme cela depuis deux ans. Et on le croit toujours !