Page:Léger - Le monde slave, études politiques et littéraires, 1902.djvu/168

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Après cela, mon cher ami,
L’on peut me reconnaître :
Oui ! tel que le bon dieu me fit,
Je veux toujours paraître.

Vrai démon pour l’espièglerie,
Vrai singe par sa mine,
Beaucoup et trop d’étourderie.
Ma foi, voila Pouchkine.


On remarquera dans ces vers une légère saveur de marotisme. Ils sont fort corrects, sauf la dernière stance, où le jeune poète s’est permis de violer la règle qui exige le croisement des rimes féminines et masculines. Venu quatrevingts ans plus tard, il en aurait pris impunément plus à son aise. Tout le monde sait qu’il n’y a plus de règles aujourd’hui, et que personne n’est chargé de les appliquer. Voici encore des couplets datés de 1817, c’est-à-dire du temps où le jeune poète était élève du lycée de Tsarskoé Selo. Il fréquentait la maison d’un certain M. Tepper de Fergusson, professeur de musique et de chant. On y donnait en français des sujets d’improvisation ; un jour on proposa au poète des couplets sur ce thème : Jusqu’au plaisir de vous revoir. Il rapporta cinq couplets d’un tour aisé, qu’il n’a pas songé à publier de son vivant, mais qui ont été pieusement recueillis