Page:Léo - Coupons le Câble !, 1899.djvu/14

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force de plus pour les arrêts divins et royaux. Ce fut l’idolâtrie qui fit la monarchie, laquelle est encore une idolâtrie chez ses fervents. Qui attaque un de ces pouvoirs, attaque bientôt l’autre. Notre XVIIIe siècle mena l’attaque parallèlement. Il y a du Dieu dans le monarque ; et c’est pour cela que l’humanité presque entière a souffert pendant tant de siècles, et souffre encore, dans sa chair et dans son âme, les sujétions les plus viles et les plus cruelles ; respectant dans le monstre la volonté indiscutable du Dieu. Ensemble, ils commencent l’histoire, et, grâce à une politique habile, grâce à l’ignorante crédulité des peuples, aujourd’hui encore ils sont unis.

L’histoire écrite s’ouvre, pareille à un théâtre au lever du rideau, sur des civilisations déjà vieilles, placées sous le joug théocratique. Ce qu’on y voit au premier plan, ce sont les temples de Thèbes, de Memphis, d’Eleusis, de Delphes, etc., habités par des prêtres-rois, qui gouvernent les peuples courbés et soumis.

Leur gouvernement est une monarchie hiérarchique.

La hiérarchie est une sorte de chaîne de commandement, qui part du prêtre-Dieu pour descendre au peuple. Chacun de ses anneaux représente à la fois un degré de pouvoir en bas, et de sujétion en haut. Le supérieur est sur votre tête et l’inférieur sous vos pieds. Ainsi le commandement et le servage s’entremêlent dans l’homme pour le salut de l’État et la gloire du chef. C’est l’art de