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LES VOYAGES

Lovelle, en entrant chez moi, déposa toute sa colere, et prit l’air du plus tendre intérêt à l’aspect de Tai-na, que cette scene aussi désagréable qu’imprévue avoit extrêmement émue. Elle a été touchée, comme elle le devoit, de ses soins obligeants ; et depuis ce temps elle montre moins d’éloignement pour rester chez moi avec lui. Hier, il a même obtenu d’elle de continuer un air qu’elle me chantoit ; je suis aussi musicien, lui a-t-il dit, et je veux vous le montrer. Le soir il a fait apporter un piano : c’est un instrument plus grand que notre ché, mais qui lui ressemble un peu. Les cordes, au lieu d’être de soie et au nombre de vingt-six, sont de métal et plus nombreuses, ce qui le rend beaucoup plus sonore. M. de Lovelle en joue fort agréablement : à notre grand étonnement, il a répété l’air que