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L’ÉTOURDI.


les ont éprouvé. Je vous retrouve chere Cécile, lui dis-je, je ne puis vous exprimer ma joie : ſeriez-vous encore cette Cécile qui ſemblait faire ſon bonheur de ma tendreſſe.

Si votre cœur n’a point changé, me dit-elle, vous trouverez peut-être que Cécile ne fut jamais plus ſenſible. Je ne vis que depuis un inſtant.

Après que nous eûmes donné les premiers momens au plaiſir, je la priai de me raconter comment elle avait été délivrée de ſa priſon. Ma premiere lettre, mon cher Deſpras, t’inſtruira de ce que Madame de Preſſy me dit.


LETTRE X.

Hiſtoire de Cécile.


MOn pere, me dit Madame de Preſſy, eſt un bon Gentilhomme de province qui avait dépenſé preſque toute ſa fortune au ſervice, & qui la répara en ſe mariant avec ma mere qui lui apportât une dot conſidérable. Il n’eut d’en-