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L’ÉTOURDI.


pour me tranſporter à cette époque. J’aurais bien déſiré auſſi que vous euſſiez eu pour agréable de m’apprendre quelle eſt votre fortune, il eſt néceſſaire que je ſache ſi elle eſt à la mienne dans le même rapport que nos autres convenances. Quant à mon nom de baptême je me nomme Paul Eſprit ; a-t il quelque conformité avec le vôtre. Je ſuis avec des ſentimens pareils à ceux que vous avez pour moi, tout à vous.




Quatre jours après l’on m’écrivit par le même journal la lettre ci-jointe. Elle avoit pour titre :


Lettre au célibataire anonime.


LE public me paſſera, Monſieur, de préférer l’intérêt du bonheur de ma vie à celui de lui éviter un moment d’ennui. Il s’eſt amuſé de votre idée comme d’une plaiſanterie neuve : ma lettre ne lui en préſentera qu’une ſuite fatiguante, qu’il ne la liſe pas, mais vous, Monſieur, liſez là, c’eſt à vous,