Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/16

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

2
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


Hollande qu’il publia la plupart de ses ouvrages. Il y prit du service dans la marine. Il revint ensuite en France et était à Paris en 1678. Vers 1696 il se trouvait à la Guadeloupe, où son service d’officier de marine sur les galères françaises l’avait mené. Aux Antilles, il fut encore le héros d’aventures galantes. Il y fit imprimer le Zombi du Grand-Pérou et mourut après 1697, époque où l’on perd complètement la trace du vieux favori des belles.



M. Cléder a mis en tête de son édition du Zombi (Paris, 1862) une savante préface, où il juge ainsi le talent et les ouvrages de Blessebois :

« Disons maintenant quelques mots sur le talent littéraire de Corneille Blessebois. Ses œuvres peuvent être divisées en deux parties bien distinctes : les écrits sérieux et les écrits facétieux. Dans la première partie figurent les tragédies des Soupirs de Sifroi, d’Eugénie, de Sainte Reine et la comédie de La Corneille. Il faut placer dans la seconde ses romans et nouvelles, ainsi que ses poésies gaillardes et burlesques. Il est aisé de voir au premier coup d’œil que la poésie burlesque était plus dans le genre de son talent ; il s’y sentait plus à l’aise, et la franchise de ses allures amenait parfois dans ses écrits des éclairs d’une gaieté vive et spirituelle. Cependant son style, presque toujours maniéré, se ressent d’une certaine affectation par l’emploi de mots nouveaux et d’expressions bizarres qui servent à exprimer une pensée plus bizarre encore. Aussi ces défauts graves