Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/17

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3
INTRODUCTION


se font-ils remarquer davantage lorsqu’il veut exercer sa verve sur des sujets plus relevés, et qu’il monte sa lyre au ton de l’épopée tragique. Alors cette disparate choquante se fait sentir plus que partout ailleurs, et on le voit à chaque instant, au milieu des situations les plus intéressantes et les plus dramatiques, tomber dans le trivial et le bouffon, par lu puérilité de certains détails, l’extravagance de certaines pensées et le style burlesque dont elles sont affublées. Du reste, je ne sais si nous devons nous montrer bien sévères vis-à-vis de cet écrivain, car, si ce n’étaient les quatre vers suivants qui lui sont échappés à une époque où il n’avait pas encore lu l’Art poétique de Boileau, que le législateur du Parnasse venait de livrer au public :


Le barbare Destin, qui me livre la guerre
Et qui me fait courber sous le poids de ses fers,
M’a fait naître poète errant par l’univers,
Au son des doux accents que le Parnasse enserre,


nous ne voyons nulle part, dans ses écrits, qu’il ait tiré vanité de ses compositions. Sa prose n’est pas plus soignée que ses vers, et les négligences dont elle fourmille, et qu’il eût été facile de faire disparaître, sont la meilleure preuve qu’il n’écrivait que pour occuper ses loisirs et pour se venger des femmes qui l’avaient dédaigné ou trompé.

« Il voulut à la fois servir Mars, Vénus et les Muses ; mais nous aimons à penser, pour la gloire comme pour le plaisir de notre héros, que les deux premières divinités lui furent plus favorables.

« Nous ne terminerons pas cette notice, malheureusement très incomplète, sans disculper, jusqu’à un certain