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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


point, bien entendu, Corneille Blessebois des reproches exagérés qui ont été formulés contre lui par deux célèbres bibliophiles, MM. Charles Nodier et Paul Lacroix.

« Le premier, dans les Mélanges tirés d’une petite bibliothèque (page 367), dit, en parlant du Zombi du Grand-Pérou : — Jamais pamphlet n’a été plus grossièrement approprié aux sales orgies d’un cercle d’hommes oisifs et dépravés ; — et le second, dans une note du, tome II du Catalogue Soleinne (n° 1465), porte ce jugement : — Ce passage n’est pas le seul qui rappelle le ton de certaines descriptions des livres du marquis de Sade. — Cette rigueur et cette sévérité nous paraissent pour le moins exagérées. Certes, nous ne voulons pas nous faire l’apologiste de Corneille Blessebois, proclamer ses mœurs comme des exemples à suivre, et ses écrits comme des modèles de goût et de décence ; mais le Zombi reste bien au-dessous des Dames galantes de Brantôme et de l’Histoire amoureuse des Gaules de Bussi-Rabutin, que Charles Nodier n’a jamais songé à frapper ainsi de son courroux, et dont il parle quelquefois avec complaisance.

« Quant au reproche qui lui est adressé par M. Paul Lacroix, nous le trouvons pour le moins aussi injuste. Nous avons vainement cherché dans les œuvres de Blessebois, même les plus hardies, et nous n’y avons rien trouvé qui puisse entrer en parallèle avec les tableaux cyniques et les maximes infâmes dont pullulent à chaque page la majeure partie des ouvrages du marquis de Sade. Corneille Blessebois est un poète licencieux, c’est un fait incontestable ; mais ses écrits ne sont pas plus libres que ceux qui composent le Parnasse satyrique, le Cabinet satyrique, le Cabinet des Muses gaillardes, l’Espadon satyrique, les Sottisiers, etc., et l’auteur peut