Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/235

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



PORTRAIT

DE

LA COMTESSE DE COCAGNE




VERS IRRÉGULIERS




            Elle avait la taille assez belle,
            Si, plus chiche de son devant,
On ne la gâtait pas comme on fait si souvent :
L’Amour est, nuit et jour, auprès ou dessus elle.

            Si j’en veux croire les railleurs,
            Elle a fort peu de cheveux à la tête ;
Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs !
Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête ;
            Mais elle en a beaucoup ailleurs,
            Car elle est souvent arrosée
            De la plus douce des liqueurs,
Et ma plume est coupable autant qu’elle est osée.

Son front, où sont assis la mollesse et l’ardeur,
            A quelque chose d’admirable :
C’est qu’on n’y voit jamais paraître la pudeur
            Ni la sagesse désirable.