Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/79

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


   Nous reprenons nos premiers rangs,
   Et, comme vous allez connaître,
   Nous ne fûmes jamais si grands.

LES SOUPIRS ENFLAMMÉS

   Vos chambres richement parées,
Par nous, pauvres petits, ne sont point désirées,
   Nous nous y pourrions égarer ;
L’endroit où nous voulons, s’il vous plaît, demeurer
Est l’endroit où l’Amour tient ses flèches dorées.

LE TEMPS

   Rien n’était de si grand que moi,
   J’étendais partout mon empire,
    Et sur tout ce qui respire
Je portais fièrement mon inconstante loi ;
    Mais aujourd’hui, j’ose dire,
    Dans l’état où je vous vois,
   Que votre ardeur va la première ;
  Vous me passez d’une douce manière.

LA NUIT

   Comme tout change de façon !
Je vous ai semblé longue, et suis courte à cette heure ;
L’on me disait : Va-t’en ; et l’on me dit : Demeure ;
Et pour me retenir on jette l’hameçon.
   À vous obéir je suis prête ;
Mais comment voulez-vous, ô beauté, que j’arrête ?
Vos yeux sont deux soleils qui me chassent d’ici,
   Et je sens déjà le roussi.

L’AUTEUR

   Noyés dans des flots de délices,
   Affranchis de tous les caprices

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