Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/83

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DEUXIÈME PARTIE



L’hôtesse d’Apollon, que les poètes baptisent Amphitrite, lui avait déjà préparé, à son ordinaire, un bain dans la mer, et ce brûlant courrier de l’univers commençait à plonger ses rayons dans le moite sein de l’onde, lorsque Dorimène, à qui la petite messagère de ses amourettes n’avait pu rendre la réponse de Céladon, d’autant qu’elle avait été arrêtée à quelque ouvrage par le commandement de sa mère, descendit légèrement dans la cuisine pour la recevoir. Elle ne jugea pas à propos de lire un billet où elle pressentait beaucoup de mignardise, dans un endroit qui fournissait quantité d’espions à la joie qu’elle aurait à les goûter ; elle voulait être seule, ou n’avoir tout au plus que l’amour pour témoin des épanouissements de sa rate. Ainsi, après qu’elle eut rêvé quelque temps, elle ne trouva pas de meilleur expédient que d’aller chez Hïante, et dans moins d’un demi-quart d’heure, elle se trouva sur son lit, où d’abord elle décacheta le