Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/93

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


Et que le sort pour lequel ils quittèrent
 Leur ravit de contentements !


Hïante, qui n’aurait pas voulu pour beaucoup être incommode ni servir d’empêchement à leur tendresse, avait été se coucher tout de son long sur le lit de Poquet et se disposait à mettre cinq contre un, à la manière des écoliers, lorsque Céladon, par jeu plutôt que par émotion, se rua sur elle à corps perdu et entra, sans effort et jusqu’au nombril, dans la caverne de son c… Ce bien inespéré qui pleuvait sur Hïante de toute sa force l’étonna tellement qu’elle n’eut pas le pouvoir de lui demander : « Oui êtes-vous ? » Nos quatre muets se divertissaient à qui mieux mieux sous le manteau de la nuit, et tout gardait le silence dans cette petite scène amoureuse, à l’exception des deux lits dont la délicatesse se plaignait par quelques petits cris des rudes secousses dont ils étaient ébranlés ; et Céladon eut beau faire, il ne put jamais aller au delà d’un méchant coup, pendant que Poquet faisait des exploits dignes de tous les martyrs de Ciprine : c’est pourquoi il s’arrêta à badiner avec Hïante, qui aurait mieux aimé quelque chose de plus solide. Entre autres méchancetés qu’il lui fit, il s’avisa de lui attacher ses cotillons par-dessus la tête, et cela lui était si facile qu’il en vint à bout dans un moment.

Cependant le vigoureux trompeur de Dorimène, ayant eu envie de pisser, s’était arraché de ses bras