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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


   Dorimène, à ce doux accueil,
   Perdit à son tour la parole,
Et pendant que Poquet vertement la bricole,
Pour mieux ouvrir le cu laissa clore son œil.

   Poquet avait un v.. d’ébène,
   De la longueur d’un demi-pied,
Dont il avait jadis maint c.. estropié,
Mais qui fit à ce coup grand bien à Dorimène.

  Il avait l’air d’un rouleau de tabac
Tout semblable à celui dont le Diable, au sabbat,
Enconnait autrefois cette magicienne
   Que l’on appelait Madeleine,
Et dont le père Esprit traça le noir ébat.

Un poil noir et frisé composait sa moustache,
Son œil était ouvert comme un gros robinet,
Il avait, par respect, décoiffé son bonnet,
Pour donner dans le doux de cette humide cache.

Le c.. de Dorimène était un petit mont
Qu’appuyaient à plaisir deux colonnes d’ivoire ;
Il était mollement ombragé d’un poil blond
Et distillait un sucre où l’amour allait boire.

   Une languette coraline
   S’y laissait voir malgré la nuit
   Et par ce jour qu’elle produit,
Priape se glissa jusques à sa poitrine.
   Ah ! cher lecteur, que ces moments
   Furent doux à ces deux amants !
Combien de fois leurs cœurs l’un dans l’autre passèrent !
   Que leurs accords furent charmants !