Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/11

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  DE MAHOMET. 3

ra l’infirmité qu’ils ont dans le cœur, & ſouffriront les rigueurs d’une peine infinie à cauſe de leur menſonge : Lors qu’on leur dict, ne ſaliſſez pas la terre, ils ont dict, nous ſommes vrays obſervateurs de la loy de Dieu, encor qu’ils ſoient ceux qui ſaliſſent la terre, mais ils ne le connoiſſent pas : Lors qu’on leur dict, Croyez comme croit le monde, ils ont dict ; Croirons nous comme croyent les fous, ils ſont fous eux meſmes, & ne le connoiſſent pas : Lors qu’ils ont rencontré ceux qui croyent en Dieu, ils ont dict[1], Nous croyons comme vous, & lors qu’ils ont eſté retournez vers les diables leurs compagnons, ils ont dict, nous croyons comme vous & nous nous moquons de ces gens ; certainement Dieu ſe moque d’eux, & les prolonge dans leurs erreurs à leur confuſion. Ceux qui ont achepté le fourvoyement pour le droict chemin n’ont rien gagné en leur commerce, & ne ſe ſont pas bien conduits, ils ſont ſemblables à ceux qui allument le feu, & lors qu’il à éclairé ce qui eſt à l’entour d’eux, Dieu leur a oſté la lumiere, et les a laiſſé dans les tenebres, ſourd, muets, aveugles, & ne ſe convertiront jamais. Ou comme une nue du Ciel pleine de tenebres, de foudre & d’eſclairs, ils bouchent leurs oreilles de leurs doigts à cauſe du bruit & de peur de la mort, mais Dieu void les infidelles, il a fait approcher l’eſclair qui leur a ravy la veüe, ils ont ſuivy ce qui leur eſt apparu, & ſe ſont arreſtez dans les tenebres que ſi Dieu eut voulu il les eut privez d’ouye & de veüe

  1. Voy Gelaldin.