Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/238

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230 L’ALCORAN.  

ſa volonté, alors il dit, je prens Dieu à teſmoin de voſtre ſerment, O mes enfans, n’entrez pas dans la ville tous enſemble, entrez par diverses portes, affin que le peuple ne prenne ombrage de vous, Dieu commande ce que bon luy ſemble, j’ay mis mon apuy en luy, tous les vray-croyans, ſe doivent reſigner à ſa divine volonté, ils entrerent dans la Ville comme leur pere leur avoit recommandé pour le contenter, lors qu’ils ſurent arrivez devant Joſeph il prit la main de ſon petit frere & luy dit, ne te mets pas en peine de ce que deviendront tes freres : apres avoir remply leurs ſacs il fit mettre une taſſe ornée de pierreries dans le ſac de ſon petit frere, il fit publier que ceux de la caravane auroient deſrobé la taſſe du Roy, & envoya des hommes apres eux pour la chercher, ces eſtrangers juroient qu’ils ne l’avoient pas veuë, & qu’ils n’eſtoient pas venus en Egypte pour deſrober, qu’ils eſtoient cautions les uns des autres, & que celuy qui l’auroit deſrobée meritoit d’eſtre chaſtié ; la taſſe ſe trouva dans le ſac de ſon petit frere, il le fit arreſter, & les accuſa tous de larcin, Seigneur, dirent-ils, ſon pere eſt vieil, il s’affligera extremement de ſon abſence, prens un de nous en ſa place tu connoiſtras à la fin que nous ſommes gens de bien. Dieu garde, dit-il, que j’arreſte autre que celuy qui a eſté trouvé ſaiſi du larcin, ce ſeroit une injuſtice voyans qu’ils eſtoient hors d’eſperance de pouvoir delivrer leur frere, ils ſe ſont ſauvez en un lieu fecret eſloigné de la ville où l’aiſ-