Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/239

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
230 L’ALCORAN.  

dit à ſes freres, vous ſçavez le ſerment que nous avons fait à noſtre depart, & comme nous avons cy-devant uſé envers Joſeph, je ne ſortiray pas d’Egypte ſans la permiſſion de noſtre pere, Dieu eſt tres-juſte, il ordonnera de moy & de noſtre frere ce qu’il luy plaira, retournez vers noſtre pere & luy dites, ton fils a eſté ſurpris en larcin, nous l’avons vû, & avons fait noſtre poſſîble pour le delivrer, ceux de la caravane en ſeront tefmoins. Jacob leur dit à leur retour, vous eſtes cauſe de cet accident, cela ne vous a pas deſplu, & prit patience, diſant, Dieu fera peut-eſtre la grace à mes enfans de retourner en ſanté, il ſçait en quel eſtat je ſuis, il eſt tres-prudene en ce qu’il ordonne ; Il s’eſt retiré d’entre ſes enfans extremement affligé, & regrettoit la. perte de ſon fils Joſeph, il avoit continuellement les yeux couverts de larmes, & portoit en ſon cœur une grande triſteſfe ; Ses enfans luy dirent, te ſouviens-tu encore de Joſeph pour augmenter ſon affliction & pour avancer ſa fin ? Je fuis, reſpondit-il, extrememenr deſolé, je remets tout à la volonté de Dieu, il m’a apris ce que vous ne ſçavez pas. Mes enfans retournez en Egypte, & demandez des nouvelles de vos deux freres, ne deſeſperez pas de l’Eſprit de Dieu, perſonne ne deſeſpere de l’Eſprit de Dieu que les impies ; lorfqu’ils ſont arrivez auprcz de Joſeph, ils luy ont dit, la famine qui eſt dans noſtre Païs nous a extremement affligez, elle nous a contraints de venir pluſieurs fois pour acheter du bled, tu nous as de