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L’ANARCHIE PASSIVE

talents, les nobles sentiments, les hautes pensées, les sublimes idéals, les actes héroïques, se développent seulement parmi les hommes vivant en société au milieu des autres hommes. On a même remarqué que les membres des communautés peu nombreuses, comme par exemple les habitants des toutes petites villes, se distinguaient, avant l’établissement des voies de communication aisées et rapides, par une certaine étroitesse d’esprit, par une certaine sécheresse de cœur ; et c’est tout naturel, car passant toute sa vie dans une petite communauté, l’homme se trouve placé dans une sphère très étroite de rapports, de devoirs mutuels, et par conséquent sa pensée se meut toujours dans le même cercle d’idées ; ayant une fois atteint un certain niveau de développement, il s’arrête, il n’avance plus, car dans sa petite ville natale, l’aiguillon lui manque de toutes ces luttes, de tous ces chocs d’opinions, de sentiments, qu’on rencontre dans les grands centres où vivent les êtres les plus différents. Ces luttes incessantes, ces chocs d’opinions et de sentiments ne font qu’exciter toujours à de nouveaux efforts, à de nouveaux