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L’ANARCHIE PASSIVE

« Et ayant tressé un fouet de petites cordes, il les chassa tous du temple, et les brebis et les taureaux ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables. Et il dit à ceux qui vendaient les pigeons : « Otez tout cela d’ici, et ne faites pas un marché de la maison de mon Père. » (Saint Jean, ii, 15-16.)

Par ces paroles, Jésus-Christ nous a montré clairement qu’il faut résister au mal de toutes ses forces, même par des actes brutaux et violents, en exposant sa propre sûreté et peut-être même sa vie ; car il y avait danger à chasser par la force une foule de marchands et de changeurs, qui comptaient aussi des amis parmi les personnages puissants du monde juif. En méditant ce fait de la vie de Jésus-Christ, il ne faut pas oublier non plus que les offenses personnelles, les coups, les crachats au visage, les insultes et les autres supplices, — il les supportait avec une patience et une douceur sublimes. En lisant attentivement les paroles et la vie de Jésus, on ne peut manquer de remarquer bien vite que le Christ nous enseignait toujours à pardonner le mal