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L’ANARCHIE PASSIVE

rituelle, de la vie de l’âme… Et c’est ainsi qu’une femme, une mère, qui a perdu tout ce qu’elle aimait, qui a perdu par la mort tous ses enfants bien-aimés, ne peut pas être complètement vaincue par la douleur, par le désespoir, si elle observe la doctrine de Jésus-Christ : car la religion chrétienne lui dit que la mort n’est qu’une étape, un passage d’une forme de la vie à une autre ; elle lui prescrit de lutter contre son désespoir, car Dieu est bon et il fait tout pour le mieux ; elle lui prescrit de vivre pour l’idée, en aspirant toujours vers la perfection suprême : et la mère chrétienne qui a perdu toute sa joie, tout son bonheur terrestres, peut continuer à vivre et à faire son devoir dans la vie et envers son prochain ; — tandis qu’une mère païenne, dans des conditions pareilles, perdait à jamais toute raison de vivre et se changeait en pierre comme Niobé…

Même un malheureux esclave peut trouver quelque consolation et quelque tranquillité d’âme dans la doctrine du Christ.

« Tu es esclave, tu as perdu ta liberté, on te traite en bête, en chose ; c’est très pénible ;