Page:L’Arioste - Roland furieux, trad. Reynard, 1880, volume 2.djvu/5

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il se retourne alors vers cette vallée d’enfer, et quand il voit le feu s’élever si haut, quand il entend les plaintes et les hurlements des siens, il crie au ciel d’épouvantables blasphèmes.

Cependant, le roi Agramant avait fait livrer un vigoureux assaut à une des portes ; il croyait que, grâce à la terrible bataille qui se livrait d’un autre côté et où périssait tant de monde, il la trouverait insuffisamment gardée et qu’il pourrait s’en emparer à l’improviste. Il avait avec lui Bambirague, roi d’Arzilla, et Balivers, adonné à tous les vices ;

Corinée de Mulga ; le riche Prusion, roi des îles Fortunées ; Malabuferse, qui possède le royaume de Fezzan, où règne un été continuel ; d’autres chevaliers, ainsi qu’un grand nombre d’hommes d’armes expérimentés et bien armés, et beaucoup d’autres encore sans courage et nus, dont le lâche cœur ne se croirait pas suffisamment protégé sous mille boucliers.

Le roi des Sarrasins trouva de ce côté tout le contraire de ce qu’il avait pensé, car à la porte était en personne le chef de l’empire, le roi Charles, avec ses paladins : le roi Salamon, Ogier le Danois, les deux Guy, les deux Angelins, le duc de Bavière, Ganelon, Bérenger, Avolin, Avin et Otton ;

Puis une infinité de guerriers d’un rang inférieur, français, allemands et lombards, tous désireux de se faire, sous les yeux de leur prince, une réputation parmi les plus vaillants. Je vous rendrai compte une autre fois de leurs prouesses, car je suis obligé pour le moment de revenir à un puis-