Page:L’indépendance de la Corée et la paix.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


grande quantité de terres et de population, mais elle a étendu l’influence Japonaise dans le Pacifique.

Tandis qu’il était décidé de commencer une politique agressive contre la Corée en 1873, le Japon avait envoyé une expédition punitive contre les tribus du Sud de Formose, qui avaient commis des atrocités sur des marins naufragés. Après la punition, le Japon avait décidé de ne pas retirer ses troupes de Formose et la Chine dut payer une somme considérable pour les dépenses de l’expédition afin d’éviter l’intentionnelle occupation permanente de l’île. Mais après la guerre avec la Chine, le Japon avait cédé l’île sans respect du désir de la population.

c) La Politique Coréenne. — B.-L. Putnam Weale dit, dans son livre intéressant et très impartial « La Lutte pour la République et Chine ». On affirme depuis longtemps que le conflit entre le Japon et la Chine eut son origine en Corée quand cette dernière était un État vassal de Pékin, et que le conflit devait s’arrêter là, puisque l’un des deux protagonistes combattant pour l’Empire, le Japon, fût laissé en prédominance indiscutée. Ce rapport étant incomplet est dangereusement faux. Datant de cette période vitale d’il y a trente ans, quand Yuan Shih-Kai alla pour la première fois à Séoul… (quand la Chine a été forcée de s’occuper à protéger ses intérêts, après l’ « ouverture » de la Corée par le traité Américain de 1882), trois contestants : la Russie, la Chine et le Japon, également intéressés dans l’équilibre de puissance occidentale en Extrême-Orient, étaient constamment les uns contre les autres avec la Corée comme champ de bataille commun. Et le Japon s’en sortit maître de la situation. Mais comment ?

La « Politique Coréenne » du Japon fut peut-être le chef-d’œuvre de l’hypocrisie internationale.

Le Japon a expressément garanti l’Indépendance de la Corée en 1873, en 1885, en 1895, en 1902 et même en 1904, quand il fit le traité d’Alliance Offensive et Défensive avec la Corée, il a expressément « garanti l’intégrité et l’Indépendance » de cette dernière, sans faire aucun rapport détaillé concernant l’Histoire de l’Agression Japonaise contre la Corée, que l’on a brièvement exposé dans ce pamphlet sous le titre « Corée et Japon » (voir page 8) : la signification de la domination Japonaise doit être exposée ici.

Si nous regardons la carte de l’Asie Orientale, la Corée commande la totalité des côtes Orientales de la Chine et forme le terminus oriental du grand chemin de fer Sibérien. Ainsi une puissance militaire et navale comme le Japon peut commander les ports les plus importants de Chine et pénétrer aisément dans le grand Continent à travers la Mandchurie (voyez la carte II). La Corée sert l’Empire Japonais de trois façons : Premièrement, la péninsule est une source de richesse pour le peuple manufacturier Japonais et un nouveau foyer pour les émigrants Japonais. On montre sous le titre « La Corée sous le Japon » (voir page 12) comment le Gouvernement Japonais enrichit les impérialistes Japonais aux dépens des Coréens.

Deuxièmement, on verra que toute la côte du Pacifique de l’Asie Orientale est entourée par la longue chaîne d’îles appartenant à la grande puissance navale… le Japon, depuis les îles Kurile au Nord, à travers Hokkaido, Honsu, Hyushu et les îles de Loochoo et Formose. Ce grand mûr de l’Empire Japonais fait de la mer du Japon, de la mer Jaune et de la mer de Chine « un lac » pour l’Empire Japonais. Aucune puissance sur la terre ne peut maintenir son droit légitime de commerce dans ces Hautes Mers appartenant au monde. En cas de guerre un blocus de la flotte Japonaise, affamerait toute la population du Continent et serait une sérieuse menace pour le commerce du monde. Mais une Corée Indépendante et une Chine forte briseraient l’hégémonie Japonaise dans ces Hautes Mers et par cet équilibre de puissance la prospérité de l’Asie Orientale et le libre commerce du monde peuvent être garantis.

Troisièmement, la Corée est employée comme le point d’appui de l’agression Japonaise contre le grand Continent. C’est seulement à travers la Corée que les impérialistes Japonais peuvent exécuter le rêve de dominer la péninsule Mandchurienne, la Mongolie, le Continent Chinois et les Champs Sibériens. Une Corée indépendante rend la protection de ces « Intérêts Japonais » presque impossible, et la menace Japonaise au commerce, aux intérêts et à la paix du monde serait détruite sans aucun effort pour écraser le militarisme et la puissance navale des Japonais.

a) Programme Continental. — Le Programme Continental est exécuté de deux manières : d’abord, l’élimination graduelle de l’influence Européenne de l’Extrême-Orient ; ensuite, la pénétration pacifique dans le Grand Continent. Le premier but est effectué sous le nom déguisé d’une « Doctrine de Monroë » Asiatique accompagné d’une amère pensée de revanche. Quand le Japon eut annexé la Péninsule Liaotung après la guerre victorieuse contre la Chine, il parut aux puissances Européennes qu’une Mandchurie sous la domination Impérialiste Japonaise serait une menace éminente pour le commerce mondial comme cela est maintenant. En conséquence, la Russie, l’Allemagne et la France ont conseillé au Japon de s’abstenir d’annexer. Ce trait fut et est encore considéré au Japon non seulement comme une insulte à la nation Japonaise, mais aussi comme la plus grande obstruction au prestige Japonais. Comme revanche, la Russie fut chassée de la Péninsule Liaotung que le Japon a réellement