Page:L’indépendance de la Corée et la paix.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


annexée de nouveau. Le Japon ne l’a pas oublié, il a encore chassé l’Allemagne de toute la Péninsule du Shantung. Il est très clair que la France sera la prochaine puissance dont les possessions de l’Asie Orientale tomberont entre les griffes Japonaises à la première petite opportunité. De même, à quelque moment favorable, le Weu-Hai-Wei Britannique, Shanghai, Hongkong, et très probablement la Péninsule Malayan, l’Inde et l’Australie seront les victimes de l’Impérialisme Japonais. Ces faits montrent alors tout à fait clairement combien l’Impérialisme Japonais est dangereux pour les principales puissances du monde. Elles admettent ces dangers, mais elles ne semblent pas conscientes de leur réelle signification.

Après la guerre avec la Russie, les deux grandes Péninsules de Corée et du Liaotung tombèrent entre les mains des impérialistes Japonais. En partant de ces bases, le Japon a maintenant pénétré dans la Sibérie Orientale, dans la Mongolie intérieure de l’Est et dans le cœur de la Chine. Prenant l’opportunité des troubles bolcheviks en Russie, le Japon a occupé la Sibérie Orientale atteignant jusqu’au Baikal. Le Japon prend à présent des mesures pour capter des avantages économiques dans les champs riches de la Sibérie, fomentant le démembrement de la Russie par des propagandes dirigées par le gouvernement de Tokio. Mais chaque activité des Japonais nous porte à croire que le but du Japon est de forcer le faible gouvernement Mongolien à accepter le Protectorat Japonais. Rien ne peut mieux montrer l’intention Japonaise sur le Continent que les fameuses « 22 demandes » exigées de la Chine, tandis que les autres puissances sont engagées dans la guerre du monde.

C’est peut-être à peine nécessaire d’en établir les termes ici encore, car ils sont bien connus. Le premier des cinq groupes est l’annexion pure et simple du Shantung et le second traite des intérêts Japonais en Mandchurie et Mongolie, tels que la prolongation du bail de Port-Arthur et de Dalny avec les chemins de fer Mandchuriens pour quatre-vingt-dix-neuf ans, la liberté complète et les privilèges des émigrants Japonais dans toute la Mandchurie et la Mongolie, l’exclusion complète des intérêts d’une puissance tierce quelconque dans ces terres et l’emploi obligatoire des conseillers Japonais, politiques, financiers et militaires. Le troisième groupe traite de la Compagnie Hanyeping avant pour but « le plan de conquête de la richesse minérale de « Yangtze Valley », comme Mr. Putnam Weale l’observe justement. « Ces richesses sont principalement autour de Yankow, grâce aux vastes plaines alluviales des parties en contre-bas de cette immense rivière, qui jadis formaient le sol de la mer Jaune. Celles-ci sont les provinces supérieures de Hupeh-Hunan, Kiansi, étant les régions des forêts préhistoriques couvrant les côtes, qui jadis domptaient la lente retraite des eaux et qui contiennent aujourd’hui tout le charbon et le fer. Les gens croient que cette vallée est une sphère britannique. Mais les Japonais ont été les premiers à oser dire que l’idée générale préconçue était stupide. Ils savent naturellement que ce fut une force britannique qui envahit la Vallée de Yangtze, il y a soixante-quinze ans et imposa la signature du traité de Nankin, qui ouvrit primitivement la Chine au commerce mondial. Mais ils ne sont en aucune façon impressionnés par les droits que cette action accordait, parce que les ressources minérales de cette région sont considérées inestimables à leurs yeux et doivent être gagnées de quelque façon. L’étude de ces vingt années d’histoire prouve que cette supposition est correcte. » Le quatrième groupe est l’expression de « la Politique de crainte », qui porte une atteinte sérieuse à la souveraineté Chinoise. Le cinquième montre l’intention Japonaise d’une pénétration pacifique en Chine qui fait de l’indépendance de la République Chinoise un mot dénué de sens, la Chine étant en réalité sous l’influence de l’Empire Japonais. Les conseillers Japonais politiques, financiers et militaires devraient simplement être employés comme dans le cas de la Corée avant l’annexion ; la Chine devrait employer la police Japonaise d’un bout à l’autre du pays comme en Corée avant l’annexion ; la Chine devrait acheter des munitions au Japon seulement et les chemins de fer devraient être bâtis par les seuls Japonais. Ces termes ne satisfont encore pas la cupidité des impérialistes Japonais ; la Chine ne devrait pas exercer sa souveraineté dans la province de Fukien sans le consentement du Japon. Afin d’espionner partout le pays et les habitants, le Japon a aussi demandé le droit de propagande missionnaire en Chine, malgré que tout le monde sache que la religion Japonaise est le Bouddhisme qui fut introduit au Japon par la Chine.


La Doctrine de Monroë Asiatique

Quel est l’objet définitif de cette agression ? Aux yeux Japonais, ainsi qu’il est noté ailleurs, l’extension nationale aux dépens des autres est la plus grande chose de l’humanité. L’agression Japonaise n’a pas d’autre but que celui de conquête pour l’intérêt seul des Japonais et du Japon. Mais le Japon ne perd aucune opportunité pour proclamer hautement la « Doctrine de Monroë » Asiatique, ainsi dénommée. Le Japon fait l’élimination des influences Européennes de l’Asie Orientale pour protéger cette doctrine. Mais l’hypocrisie superficielle peut être vue aisément si nous nous rappelons que, après « l’expulsion » de deux des puissances Européennes, les places conquises ont été immédiatement annexées à l’Empire Japonais deux fois plus formidable. D’autre part, l’esprit de cette