Page:La Bigne Villeneuve - Cartulaire de l’Abbaye Saint-Georges.djvu/30

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ment et la garde des jeunes princes mineurs. D’autres conspirations et d’autres révoltes mirent encore en péril le pouvoir souverain [1]. Mais la duchesse Havoise ne se laissa pas intimider : elle avait pour conseiller le fidèle et habile instituteur de ses fils, Aymon, que la Chronique de Gaël appelle « bonus magister. » Sa fermeté, son activité déjouèrent les machinations de ses ennemis. Elle-même, à la tête de ses troupes, conduisant les jeunes princes, réprima et battit les rebelles. Parmi ceux-ci, les plus coupables payèrent de leur vie leurs tentatives insensées, et tout rentra dans l’ordre.

Alain Canhiart, chassé de son comté de Cornouailles, réfugié en Aquitaine, chercha à rentrer en grâce et à se réconcilier avec son suzerain. Ce fut en lui procurant une alliance dont le duc était très-désireux. Le comte de Cornouailles, malgré les intrigues et la mauvaise volonté de puissants seigneurs français, parvint à amener jusqu’à Rennes, sous la protection de ses armes, la belle Berthe, fille d’Odon, comte de Chartres, de Blois et de Champagne. Elle venait de perdre, toute jeune encore, son premier époux, le comte du Mans, Huon, et plus d’un haut baron aspirait a sa main.

A l’occasion de ce mariage, qui fut pompeusement célébré à Rennes, « solemniter more Britannico, » dit la Chronique de Saint-Brieuc, le duc Alain rendit à Canhiart tous ses fiefs,

  1. Anno ab incarnatione Domini M. VIII…… excedente Gaufrido comite Britanniæ ; a sæculo, filii ejus Alanus et Eudo cum matre eorum Haldevisia, quorumdam suorum perfidia, multa perpessi sunt incommoda. Ex quorum execrando collegio Glandarius Judichael Cham filius extitit, qui se cum suis in stricto castro conferens ineptam guerram inde contra ipsos facere disposuerat. Sed ejus machinamenta injusta, Dei providentia, non multo post, facta sunt irrita. Nam quantocius ab Alano et Eudone fratre ejus cum valida manu militum obsessus, castrum in quo se contulerat, sine mora captum fuit, et ipse peremptus pœnam mortis subiit. (Chron. de Gaël, apud D. Morice, Pr. I, 358.)