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tout son héritage paternel, comme parlent les documents contemporains ; de plus, il lui prêta aide et appui dans ses querelles avec les comtes de Léon et de Nantes.

Alain Canhiart avait épousé la fille et l’héritière légitime de Judicaël, comte de Nantes, nommée Judith, dont un frère naturel, Budic, retint pendant sa vie la possession de la ville et du comté de Nantes, qu’il avait usurpés par violence. A la mort de Budic, le comte de Cornouailles joignit à ses fiefs le comté de Nantes et en fit hommage au duc. En 1024, il le suivait dans une expédition pour dompter une insurrection des paysans contre leurs seigneurs. Sauf une querelle passagère, dont la cause n’est pas connue et qui occasionna, en 1031, un conflit où le comte de Cornouailles remporta la victoire de Guet-Ronan, la bonne intelligence ne fut plus troublée entre les deux Alain ; des alliances entre leurs deux familles cimentèrent la réconciliation définitive : le fils aîné d’Alain Canhiart, Hoël, épousa Havoise, fille d’Alain III, et le frère du duc, Eudon, prit pour femme Owen, fille d’Alain Canhiart.

En 1034, la duchesse Havoise, mère d’Alain et d’Eudon, disparut de la scène du monde. La concorde, maintenue par cette femme éminente entre les deux frères, cessa dès lors d’exister. Leur partage fut l’occasion de la rupture.

Eudon, à qui son frère abandonnait pourtant toute la Domnonée comprenant, avec les évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier, presque tout le Nord de la péninsule, ne se contenta pas de son lot. Il voulait, de plus, Dol et Aleth (ou Saint- Malo). Une guerre acharnée s’ensuivit ; des combats furent livrés ; enfin Eudon, défait complètement sous les murs du château de Lehon, près Dinan, finit par une soumission qui fut ménagée grâce à l’intervention de Judicaël, évêque de Vannes, oncle des deux belligérants, et de Robert, duc de Normandie, leur cousin germain.

A quelque temps de là, le même Robert partait en pèleri-