Page:La Bigne Villeneuve - Cartulaire de l’Abbaye Saint-Georges.djvu/451

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— 441 — au chef denchè d’or; sur le tout d’or au chevron de gueules^ accompagné de trois croissants de même. »

Le dénigrement et la calomnie qui s’attachaient à l’Église, à toutes les œuvres, à toutes les institutions chrétiennes pendant la triste période contemporaine de l’administration de Mme de Girac, ne trouvèrent ni dans sa personne, ni dans la communauté qu’elle dirigeait, nul aliment à leurs déclamations et à leurs cyniques railleries.

C’est dans l’exercice de la plus exacte discipline cénobitique et dans la fidélité aux traditions de son Ordre, que Mme de Girac vit approcher l’orage révolutionnaire et s’organiser la persécution religieuse au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

Digne fille de saint Benoît, elle resta à son poste, entourée de ses sœurs, jusqu’au dernier jour de paix que leur accorda la brutale intolérance de l’impiété.

Lorsqu’au mois d’avril 1792 on exécuta, à Rennes, les décrets de proscription et de spoliation portés en 1790 contre les Ordres monastiques, l’abbesse et les religieuses de Saint- Georges montrèrent une noble fermeté, une sainte énergie. Aux agents du district et aux officiers municipaux qui vinrent leur signifier leur expulsion, elles répondirent que la force seule pourrait les obliger à quitter leur monastère.

On les chassa impitoyablement. Les portes de l’abbaye s’ouvrirent une dernière fois pour rejeter dans le monde, hors de l’asile de leur choix, les pieuses femmes, fidèles à leur devoir et à leurs vœux monastiques.

Elles se réfugièrent d’abord au monastère de la Retraite, dite Maison des Dames Budes, dont l’existence était encore tolérée provisoirement ; de là, l’abbesse adressa aux administrateurs du district des requêtes qui ne furent pas écoutées ;