Page:La Bigne Villeneuve - Cartulaire de l’Abbaye Saint-Georges.djvu/72

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abbesse l’espace de huit ans. Toujours est-il qu’elle ne l’était plus à la fin de 1536.

Marie de Kermeno l’avait remplacée, peut-être supplantée, comme le conjecture l’abbé Tresvaux. Elle fut du moins, cette année-la même, maintenue en possession de l’abbaye. Son gouvernement fut paisible, et à sa mort, en 1557, elle fut remplacée par sa nièce, Jeanne de Kermeno. La Réformation triomphait. Il n’est plus désormais question de révolte ni de discordes intérieures.

Philippe d’Espinay et Marquize de Beaucaire remplissent, dans le calme exercice de leur charge, la fin du xvie siècle.

À partir de la sage et prudente administration de Mme de Beaucaire, qui dura vingt-six ans, se produit, durant tout le xviie siècle et dans le siècle suivant, l’heureuse et bienfaisante influence des grandes abbesses, dont le mérite et le talent consolidèrent et assurèrent l’œuvre de la Réformation de Saint-Georges, sans parler des restaurations matérielles auxquelles plusieurs d’entre elles présidèrent.

Nommée abbesse en 1609, dame Françoise de la Fayette [1] gouverna son monastère pendant cinquante-quatre années, et « ce, comme le fait observer une notice contemporaine inédite, avec tant de prudence, de bonheur et de succès dans sa conduite que, pendant un si long temps, on n’a pas remarqué la moindre apparence de trouble ou de contradiction dans toute son abbaye. Aussi son décès arriva au grand regret non-seulement de toute sa compagnie, ains de tous ceux en général qui avaient le bonheur de la connoistre ; et il est à remarquer que dès le lendemain de son décès, on sceut sa mort de toute part, ce qui fit un si grand concours de peuple dans Saint-Georges, l’espace de trois jours entiers

  1. Elle appartenait à une illustre famille d’Auvergne, qui remonte aux Croisades.