Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/10

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Telle n’était pourtant pas la marche à suivre. L’examen attentif des circonstances au milieu desquelles ce discours fut écrit par La Boétie modifierait sensiblement cette opinion et ferait apprécier l’œuvre à sa juste valeur. C’est là ce que nous avons essayé, pour notre part. Nous avons voulu, à l’aide de l’étude consciencieuse de Montaigne, de ses Essais et de ses préfaces — car Montaigne a su mettre tant de lui-même dans ses ouvrages qu’il y faut toujours recourir, lorsqu’il s’agit de le mieux connaître, lui ou ses amis ; — à l’aide aussi des différents écrits de La Boétie, en les comparant, en les rapprochant les uns des autres, nous avons voulu éclairer d’une lumière vraie le rôle littéraire de La Boétie et ses relations avec Montaigne. Pour avoir été fort courte, la vie de l’auteur du Contr’un ne renferme pas moins des obscurités que nous avons cherché à dissiper, des problèmes que nous avons tenté de résoudre. Plusieurs points restent encore dans l’ombre, malgré nos efforts. Nous espérons cependant que cette étude, composée sans parti pris, fera mieux comprendre la pensée de La Boétie et la portée de son œuvre.

Comme leur titre l’indique, nous avons divisé les pages qui suivent en trois parties. Nous avons essayé tout d’abord de faire, d’après les documents et les témoignages contemporains, le récit de l’existence tout entière de La Boétie. Quelles que soient les lacunes inévitables d’une semblable entreprise, c’est par là qu’il fallait commencer. L’examen des ouvrages de La Boétie et de son amitié pour Montaigne n’en est que le corollaire. Aussi cette première partie a-t-elle été reconstituée avec des soins qui ne paraîtront pas inutiles pour saisir le véritable but du Contr’un et la justesse des sentiments de Montaigne[1].

  1. Nous avons traité en Appendice quelques points secondaires, à peine effleurés au cours de cette introduction et qui méritent pourtant d’être examinés avec un certain développement. (Voir Appendice I.)