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INTRODUCTION

ESTIENNE DE LA BOÉTIE

SA VIE, SES OUVRAGES
ET SES RELATIONS AVEC MONTAIGNE.


C’est en 1574 que parut pour la première fois le Discours de la Servitude volontaire, incomplet, tronqué, mutilé, sans nom d’auteur, dans le Réveille-Matin des François. Depuis lors, bien des éditions en ont été publiées ; bien des commentateurs — et des plus célèbres — ont tenu à honneur d’étudier et d’expliquer cet opuscule de La Boétie. Est-ce à dire que la pensée de son auteur ait été parfaitement comprise ? Dans l’histoire littéraire comme dans l’histoire politique, les hommes se laissent séduire par le nom seul de la liberté : il suffit de le prononcer pour être assuré de leur bienveillance. Ce sentiment n’a pas nui à La Boétie. Gagnés par la grandeur de la cause, les éditeurs du Contr’un en ont surfait les mérites, sans en apercevoir nettement tous les défauts ; ils ont jugé l’œuvre avec les idées de leur temps, et omis de la replacer dans le milieu et à l’époque où elle avait été composée. Aussi, en ont-ils exagéré la portée, car ils y ont trouvé plutôt ce qu’ils désiraient y rencontrer que ce que son auteur lui-même y avait mis.