Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/21

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La Boétie fut chargé, à la fin de cette même année 1560, d’aller solliciter du roi un mode désormais assuré de paiement des gages de la magistrature[1]. Il partit donc avec le greffier Jacques de Pontac, qui lui avait été adjoint pour cela, et tous deux se rendirent à Paris.

Sur ces entrefaites, survint la mort du roi François II (5 décembre 1560). La nouvelle du trépas royal ne parvint à Bordeaux que le 13 suivant, en même temps que la lettre par laquelle le nouveau roi, Charles IX, annonçait au Parlement son avènement à la couronne. On fit la lecture de cette missive en grande solennité, au milieu des chambres assemblées. En notifiant son arrivée au trône, le jeune prince recommandait aux membres du Parlement et aux jurats de « faire vivre en paix la population bordelaise, évitant avec soin les occasions de querelles pour le fait de la religion[2] ». La Cour ordonna ensuite des prières publiques, puis elle députa les présidents Lancelot de Fauguerolles et Fronton de Bérauld, Léonard d’Alesmes et ]acques Robert de Lineyrac, présidents aux enquêtes, et Antoine de Lescure, procureur général, pour aller à Paris faire la révérence à Sa Majesté et lui prêter le serment de fidélité accoutumé. En outre, elle décidait que le conseiller La Boétie et le greffier Pontac, qui se trouvaient déjà dans la capitale, se joindraient à cette députation spéciale[3].

La Boétie ne revint à Bordeaux qu’au mois de mars de l’année suivante. Retardées par tous ces événements, les négociations avaient été longues et laborienses. Le 26 mars 1561, il rend compte à ses collègues de la poursuite et diligence faite par lui auprès du roi et des seigneurs de son Conseil privé. Il annonce que le roi, par lettres-patentes signées à Pontoise le 4 mars 1561, a donné assignation perpétuelle sur la recette générale d’Agen, pour les gages de la Cour à partir du 1er janvier de ladite année[4]. Il rapporte, en outre, les sages paroles que le Chancelier lui a dites, lorsqu’il en prenait congé.

En partant, Michel de L’Hospital le chargeait de ses recommandations pour la Cour. Chancelier de France depuis l’année

  1. Boscheron des Portes, Histoire du Parlement de Bordeaux, t. I, p. 119.
  2. Jean de Gaufreteau, Chronique bourdeloise, t. I, p. 94.
  3. Bibliothèque publique de Bordeaux, Registres secrets, ms. 367, f° 112. Cité dans Boscheron des Portes, t. I, p. 162, et dans Gaullieur, Histoire de Ia Réformation à Bordeaux, t. I, p. 224.
  4. Bibliothèque nationale, Fonds Périgord, n° 11. Extraits manuscrits des registres secrets du Parlement de Bordeaux.