Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/153

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disputer ou proposer, ni pour ni contre, qui soit des points qui soient en controverse, lesquels on baillera par articles. Mais que le prêcheur enseigne purement l’Évangile et le déclare, et fasse ce qui est le principal de son devoir : c’est de porter à suivre les commandements de Dieu, et réprimer les vices. S’il vient sur les lieux qui sont employés de l’une et l’autre part, qu’il ne fasse sans plus qu’interpréter le texte et le traduire en français ; et si on trouve malaisé qu’il puisse tenir ce moyen, qu’on considère combien est grand, et beau le sujet de la prédication, encore qu’il n’entre aux disputes, si on s’emploie à enseigner les commandements de Dieu, ramentevoir la grandeur de ses bénéfices, représenter la vigueur de son ire contre les mauvais, inciter à obéissance et humilier et retirer les cœurs de la corruption du vice. Bref, qu’on prenne garde si les bons et saints Pères ont eu faute de matière en leurs homélies, pleines d’une sainte pureté et d’une incroyable élégance, et toutefois ils étaient morts mille ans devant que toutes les questions qui sont aujourd’hui fussent mises en avant. Il faudrait ordonner peines contre ceux qui contreviendront à cet article, et, à l’entretien de cela, que non seulement les prélats, mais aussi la justice tint la main.

Quant à la prière, il ne saurait être que fort